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La réglementation thermique 2020 arrive à grand pas

abri piscine

À compter du 1er janvier 2021 (2018 pour les bâtiments publics), tous les logements construits sur le territoire français devront respecter les normes de la RT2020 (réglementation thermique 2020) en remplacement de la RT2012. Comment se présente cette nouvelle norme ? Quels sont les bâtiments qui y répondent déjà ?

La RT 2020 : l’ambition “énergie positive”

Précédant les anciennes normes thermiques RT2000, RT2005 et RT2012, la réglementation thermique RT2020 vise à améliorer les nouvelles constructions. Son ambition se porte vers la création de bâtiments dits « passifs », c’est-à-dire vers des bâtiments qui produisent autant d’énergie qu’ils en consomment. Pour se faire, la RT2020 s’appuie sur des énergies renouvelables et sur des solutions techniques qui permettent d’accumuler et de restituer la chaleur. Si ces nouvelles constructions produisent plus d’énergie que ce qu’elles en consomment, elles seront alors appelées « BEPOS » (bâtiment à énergie positive). Ces dernières s’imposent une production d’énergie inférieure à 0 kWh/m²/an.

Pour maintenir ces promesses, les logements construits à partir de 2021 devront suivre de nouvelles normes :

  • couvrir leurs besoins énergétiques par la production d’énergies renouvelables telles que les énergies éolienne, solaire, géothermique, ...,
  • optimiser l’efficacité de leurs isolations et ventilations, de sorte qu’elles ne dépassent pas 12 kilowattheures d’énergie primaire (kWep) par mètres carré et par an,
  • limiter le chauffage, la climatisation, l’éclairage et l’eau chaude sanitaire pour qu’ils ne puissent pas dépasser les 100kWhep/m²/an.

Pour ce faire, les constructeurs peuvent, par exemple, réfléchir à la suppression des ponts thermiques (zones qui sont faiblement voire non isolées) par une isolation extérieure ou par la réalisation de façades désolidarisées de la structure du bâtiment. Les ingénieurs peuvent également étudier la possibilité d’installer des équipements domotiques, qui permettent une gestion intelligente de l’énergie.

Le 15 février 2017, l’Assemblée Nationale s’est montrée quasi-unanime sur l’adoption d’un projet de loi qui vise à soutenir l’autoconsommation de l’électricité. Si avant les particuliers et les entreprises devaient redistribuer leur surplus d’énergie dans le réseau commun, aujourd’hui, ils ont la possibilité de revendre leur énergie renouvelable à divers fournisseurs déjà existants (Direct Energie, Poweo, EDF, Enercoop). S’ils le souhaitent, ils pourront également utiliser leur surplus d'énergie pour les équipements communs tels que ceux des communes (écoles, mairie…).

Les BEPOS exemplaires en région

« Pierre Verte », le bâtiment BEPOS en région toulousaine

La ville d’Auch, située dans le Gers, a dernièrement accueilli un projet de rénovation énergétique. En effet, l’ancien bâtiment de l'évêché, nommé « Pierre Verte », a fait l’objet d’une restructuration énergétique complète voire exceptionnelle. Cet investissement de 1,5 millions d’euros a permis à l’édifice de dépasser le niveau d'exigence d’une construction neuve. Soutenu par la Région et par l’Ademe (via l’appel à projet « bâtiments économes de qualité environnementale »), ce projet est unique en Europe.

Inauguré en septembre 2016, « Pierre Verte » répond aux exigences du label BEPOS. Son architecte, Frédéric Airoldi, et Addenda, spécialiste de la maîtrise de l’énergie et de l’optimisation énergétique et environnementale des bâtiments, en ont fait un édifice à énergie positive, 100% autonome. Ce projet ambitieux a valu à Addenda ainsi qu’à quatre laboratoires toulousains partenaires, une reconnaissance nationale de l’Ademe, agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

 

Le Grand Carcouët, 30 logements BEPOS en région nantaise

Tous les logements neufs à Nantes se doivent de répondre aux nouvelles réglementations thermiques en vigueur. Bien que le projet du Grand Carcouët y réponde parfaitement, encore très peu d’habitations sont de véritables BEPOS.

Prix de l’architecture Bas Carbone d’EDF en 2012, le Grand Carcouët se compose de deux immeubles situés en bordure de Val de la Chézine, qui n’est autre que l’une des plus belles coulées vertes de Nantes. Ses 30 logements, conçus par l’agence nantaise In Situ avec Pouget Consultants et réalisés par Quille Construction, sont une vraie prouesse technique.

Remarquable d’un point de vue énergétique, le Grand Carcouët dépasse de 10% les exigences du niveau BBC. Grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture, les bâtiments sont labellisés BEPOS. À titre d’exemple, les architectes du projet ont tiré profit des ouvertures exposées au sud, tout en optimisant la protection solaire nécessaire en période estivale. L’eau chaude sanitaire est assurée par une moquette solaire via un préchauffage de l’eau par capteurs et, en complément, via une pompe à chaleur. Les édifices profitent d’une structure en béton habillée de murs à ossature en bois qui leur permettent de bonnes performances thermiques. Un détecteur de présence actionne une programmation centrale afin d’abaisser les températures en fonction des scénarios d’occupation.

Pour garantir un excellent niveau de performance et pour optimiser l’entretien et la maintenance des bâtiments, Pouget Consultants a effectué pendant deux années un suivi rigoureux et une analyse complète des consommations des locataires.

L’écoquartier de la Courrouze et ses 82 logements BEPOS en région rennaise

Située au Sud-Ouest de Rennes, la ZAC de la Courrouze s’inscrit dans une démarche de renouvellement durable en réinvestissant des sites industriels et militaires délaissés. Dans cet écoquartier, 82 logements neufs sont érigés. Ce programme, à l’ambition énergétique forte, a repris les objectifs de performance des bâtiments BEPOS.

Pour ce faire, des grilles de bonnes pratiques ont été écrites. On y retrouve l’utilisation d'énergies renouvelables et de récupération intégrées aux bâtiments, des isolations performantes du bâti et la réduction des besoins énergétiques et des dispositifs trop énergivores.

Ce bâtiment démonstrateur a répondu à un niveau d’exigence accrue tant sur les plans technique, urbain et architectural que sur le plan des usages. Rennes Métropole a profité de ce projet pour observer l’incidence du BEPOS sur les prix des logements et pour créer une articulation entre le projet et la stratégie énergétique du quartier.

 

 

 


 

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